Il ne faudrait pas se méprendre. Mes allégeances ont beau se porter plutôt vers la gauche, je suis la première à être dégoûtée par la bêtise et le mépris caché qui y sont si souvent présents. Pour tout dire, il y a bien longtemps que j'ai envie d'écrire un texte où je je parlerais de la faiblesse d'argumentation de la gauche dans les médias. Pour résumer le débat, je dirais que la gauche a la vertu - à laquelle nul ne peut s'opposer, comme on le sait - derrière elle et que la droite a le gros bon sens - le fameux gros bon sens. La gauche ne craint pas les tautologies. Elle est pour la gratuité scolaire parce qu'elle est pour l'égalité des chances entre les individus. Et si la gratuité scolaire ne provoquait pas une égalité des chances entre les individus, mais plutôt un écart foudroyant? Pas entre les individus au Québec, mais entre nous et le reste du monde, parce que ça ferait en sorte que nos universités font pitié, par exemple (ce ne l'est là qu'une hypothèse posée au hasard à des fins de démonstration)? Mais ça, évidemment, elle ne voudrait jamais le considérer. C'est déjà péché que de penser que les individus sont différents, qu'ils n'ont pas tous les mêmes forces, pas tous les mêmes besoins.
Quand Amélie et moi regardions Il va y avoir du sport il y a quelques semaines, tandis que les candidats des différents partis s'affrontaient à propos de leurs priorités dans le domaine de l'éducation, nous nous roulions par terre et vitupérions en voyant à l'oeuvre Manon Massé, la candidate de Québec solidaire. Non seulement Manon Massé s'élevait-elle à grands cris contre les écoles privées en raison de leur double système de sélection - qui réserveraient leur enseignement aux élèves riches et doués - , sans tenir compte à aucun moment des propos du candidat du PQ qui lui donnait l'exemple d'une école privée qui s'adressait précisément aux élèves en difficulté, elle décriait tout système de sélection. Ainsi donc, les élèves ayant de la facilité à apprendre devraient être mêlés aux élèves en difficulté pour ne pas qu'ils s'imaginent former une élite, les élèves en difficulté ne devraient, par conséquent, pas avoir de programmes adaptés à leurs besoins pour ne pas qu'on laisse entendre qu'ils ne sont pas intelligents, les élèves qui présentent des aptitudes exceptionnelles en musique ne devraient pas avoir droit à des programmes de concentration, les sportifs de haut niveau devraient continuer de jouer avec leurs camarades de piètre condition physique, les artistes en puissance devraient se contenter de leurs petits cours d'arts plastiques par-ci par-là et ainsi de suite afin que tout ce beau monde puisse se développer de la même façon, afin que tout le monde puisse être pareil parce que c'est tellement beau d'être tous pareils et tellement ignoble d'affirmer que les individus sont différents! Dire que les gens sont différents ça donne l'air d'être élitiste et c'est mal d'être élitiste! Bad bad bad! On sera tellement bien quand plus personne ne pourra développer son plein potentiel, tellement bien quand on sera tous médiocres! Une sorte d'amoncellement de larves recouvrant tout le territoire du Québec, une belle grosse masse informe, qui jouit d'être en tas. À chaque fois que je regarde Il va y avoir du sport, je suis frappée de constater que les panélistes qui défendent le mieux leurs idées adoptent presque toujours des positions qu'on place généralement à droite. Les panélistes de gauche sont presque toujours grotesques, déconnectés de la réalité. Je ne doute pas pourtant qu'il y a des individus brillants à gauche, mais c'est presque toujours comme ça. Peut-être la droite argumente-t-elle mieux parce qu'elle est habituée de devoir toujours se défendre, parce qu'elle doit toujours s'opposer à de belles grandes valeurs.
Je ne suis donc pas complètement vendue à la gauche, loin s'en faut. Mais j'ai moi aussi, comme Amélie l'écrivait il y a quelques jours, l'impression que c'est une droite sans envergure qui a triomphé, une droite qui flatte les mêmes bas instincs. Mario Dumont et Manon Massé, même combat! Tous deux veulent que les gens soient tous pareils. Je suis donc également plutôt déprimée des résultats de lundi. J'ai, comme Amélie, l'impression que c'est la lâcheté et la médiocrité qui ont triomphé à bien des égards. Je ne sais simplement pas ce qui aurait triomphé si les résultats avaient été différents.
Et voilà donc que les étudiants bouderont leurs cours et sortiront dans les rues pour affirmer leur mécontentement cet après-midi. Quand nous sommes entrées dans l'Uqam ce matin, ce qu'ils appellent la grève était annoncée à grands cris. Mais une grève d'un après-midi, pour ma part, je n'appelle pas ça une grève, mais une blague. Quelle connerie. Les libéraux ont promis le dégel des frais de scolarité, l'ADQ défend la même position. Puisque les Québécois ont à plus de 60% appuyé ces deux partis, je crois qu'on peut en conclure que les Québécois appuient le dégel des frais de scolarité. La démocratie a parlé. Il fallait agir avant, convaincre les gens qu'il ne fallaient pas voter des partis qui souhaitent le dégel des frais de scolarité, expliquer l'importance de la gratuité scolaire si on y croit tant (et si on est capable de le faire.) C'est dommage mais c'est comme ça.
Trop peu. Trop tard.
Quand Amélie et moi regardions Il va y avoir du sport il y a quelques semaines, tandis que les candidats des différents partis s'affrontaient à propos de leurs priorités dans le domaine de l'éducation, nous nous roulions par terre et vitupérions en voyant à l'oeuvre Manon Massé, la candidate de Québec solidaire. Non seulement Manon Massé s'élevait-elle à grands cris contre les écoles privées en raison de leur double système de sélection - qui réserveraient leur enseignement aux élèves riches et doués - , sans tenir compte à aucun moment des propos du candidat du PQ qui lui donnait l'exemple d'une école privée qui s'adressait précisément aux élèves en difficulté, elle décriait tout système de sélection. Ainsi donc, les élèves ayant de la facilité à apprendre devraient être mêlés aux élèves en difficulté pour ne pas qu'ils s'imaginent former une élite, les élèves en difficulté ne devraient, par conséquent, pas avoir de programmes adaptés à leurs besoins pour ne pas qu'on laisse entendre qu'ils ne sont pas intelligents, les élèves qui présentent des aptitudes exceptionnelles en musique ne devraient pas avoir droit à des programmes de concentration, les sportifs de haut niveau devraient continuer de jouer avec leurs camarades de piètre condition physique, les artistes en puissance devraient se contenter de leurs petits cours d'arts plastiques par-ci par-là et ainsi de suite afin que tout ce beau monde puisse se développer de la même façon, afin que tout le monde puisse être pareil parce que c'est tellement beau d'être tous pareils et tellement ignoble d'affirmer que les individus sont différents! Dire que les gens sont différents ça donne l'air d'être élitiste et c'est mal d'être élitiste! Bad bad bad! On sera tellement bien quand plus personne ne pourra développer son plein potentiel, tellement bien quand on sera tous médiocres! Une sorte d'amoncellement de larves recouvrant tout le territoire du Québec, une belle grosse masse informe, qui jouit d'être en tas. À chaque fois que je regarde Il va y avoir du sport, je suis frappée de constater que les panélistes qui défendent le mieux leurs idées adoptent presque toujours des positions qu'on place généralement à droite. Les panélistes de gauche sont presque toujours grotesques, déconnectés de la réalité. Je ne doute pas pourtant qu'il y a des individus brillants à gauche, mais c'est presque toujours comme ça. Peut-être la droite argumente-t-elle mieux parce qu'elle est habituée de devoir toujours se défendre, parce qu'elle doit toujours s'opposer à de belles grandes valeurs.
Je ne suis donc pas complètement vendue à la gauche, loin s'en faut. Mais j'ai moi aussi, comme Amélie l'écrivait il y a quelques jours, l'impression que c'est une droite sans envergure qui a triomphé, une droite qui flatte les mêmes bas instincs. Mario Dumont et Manon Massé, même combat! Tous deux veulent que les gens soient tous pareils. Je suis donc également plutôt déprimée des résultats de lundi. J'ai, comme Amélie, l'impression que c'est la lâcheté et la médiocrité qui ont triomphé à bien des égards. Je ne sais simplement pas ce qui aurait triomphé si les résultats avaient été différents.
Et voilà donc que les étudiants bouderont leurs cours et sortiront dans les rues pour affirmer leur mécontentement cet après-midi. Quand nous sommes entrées dans l'Uqam ce matin, ce qu'ils appellent la grève était annoncée à grands cris. Mais une grève d'un après-midi, pour ma part, je n'appelle pas ça une grève, mais une blague. Quelle connerie. Les libéraux ont promis le dégel des frais de scolarité, l'ADQ défend la même position. Puisque les Québécois ont à plus de 60% appuyé ces deux partis, je crois qu'on peut en conclure que les Québécois appuient le dégel des frais de scolarité. La démocratie a parlé. Il fallait agir avant, convaincre les gens qu'il ne fallaient pas voter des partis qui souhaitent le dégel des frais de scolarité, expliquer l'importance de la gratuité scolaire si on y croit tant (et si on est capable de le faire.) C'est dommage mais c'est comme ça.
Trop peu. Trop tard.
Lieu: Brûlerie St-Denis
Trame sonore: Ladytron - Destroy Everything You Touch
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