Jamais n'ai-je avant ce printemps observé avec tant d'intérêt l'éclosion de bourgeons. Pourtant, lorsque j'habitais avec Dany, il y avait aussi un arbre devant la fenêtre du salon, arbre que j'aimais tendrement et dont j'avais pleuré amèrement l'abattage. Je me sentais cependant moins liée à la destinée de cet arbre qu'à celle de l'arbre devant notre maison, dont les branches recouvrent notre appartement presque entier. Sans doute parce que j'étais moins liée à cet appartement - que je n'avais jamais réussi à considérer mien - qu'à l'appartement qu'Amélie et moi habitons où j'ai enfin trouvé un home, pour la première fois en plus de dix ans.
Notre arbre a mis beaucoup plus de temps que les autres à déployer ses feuilles. Il faut dire qu'il est au nord, enfin au nord-est, je crois, si on prend en considération la position singulière de la ville. Il est donc normal qu'il ait été beaucoup plus lent que son voisin au sud, enfin, au sud-ouest. En à peine une semaine, ses bourgeons ont finalement presque complètement éclos. Ça me rend heureuse, moi qui me sens aussi au nord. Bientôt, ce sera mon tour. On trouve de l'espoir où on peut.
Voilà pour le romantisme du lundi matin. Ça me permet presque d'oublier momentanément que je me passerais bien des journées à venir. Ça me permet aussi d'oublier à quel point ces journées me vident. Elles ne sont même pas commencées que déjà je me sens vide et morte. Le bonheur. En ce moment, je n'ai rien à dire, en réalité, mais j'écris quand même parce que c'est la seule façon que j'ai trouvée pour me sentir moins vide et morte. Bien sûr, je pourrais aussi me mettre à penser aux prochaines années qui m'attendent, mais j'essaie de ne pas le faire. Ce serait assez catastrophique. Honnêtement, je ne vois pas comment je vais y arriver. Une chose est certaine, je ne peux pas rester au sein du milieu corporatif... Alors où?
*****
Et maintenant, je saigne du nez, ce qui est toujours chez moi un signe de bonheur et de détente. Tout est parfait.
Notre arbre a mis beaucoup plus de temps que les autres à déployer ses feuilles. Il faut dire qu'il est au nord, enfin au nord-est, je crois, si on prend en considération la position singulière de la ville. Il est donc normal qu'il ait été beaucoup plus lent que son voisin au sud, enfin, au sud-ouest. En à peine une semaine, ses bourgeons ont finalement presque complètement éclos. Ça me rend heureuse, moi qui me sens aussi au nord. Bientôt, ce sera mon tour. On trouve de l'espoir où on peut.
Voilà pour le romantisme du lundi matin. Ça me permet presque d'oublier momentanément que je me passerais bien des journées à venir. Ça me permet aussi d'oublier à quel point ces journées me vident. Elles ne sont même pas commencées que déjà je me sens vide et morte. Le bonheur. En ce moment, je n'ai rien à dire, en réalité, mais j'écris quand même parce que c'est la seule façon que j'ai trouvée pour me sentir moins vide et morte. Bien sûr, je pourrais aussi me mettre à penser aux prochaines années qui m'attendent, mais j'essaie de ne pas le faire. Ce serait assez catastrophique. Honnêtement, je ne vois pas comment je vais y arriver. Une chose est certaine, je ne peux pas rester au sein du milieu corporatif... Alors où?
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Et maintenant, je saigne du nez, ce qui est toujours chez moi un signe de bonheur et de détente. Tout est parfait.
- Lieu:Bureau jaune
- Trame sonore:New Order - True Faith, Dreams Never End, 1963-1994, ICB, The World, The Him



Comments
Si tu voyais comme c'est rendu ignoble derrière chez mes parents... Le merveilleux petit boisé a été rasé et a laissé la place à des putains de grosses maisons laides, sans âme et trop cher. Quand je me rappelle tous ces moments que j'ai passé à nager en regardant rêveusement les bois, c'est désespérant.
Mais en ville, couper des arbres, c'est pire que pire! Il y en a si peu! Peut-on garder les rares arbres que nous avons? Argh!