Je me rappelle avoir longtemps langui en pensant à l'événement qui n'aurait pas lieu. Je me rappelle avoir souvent en ces lieux parlé avec douleur de l'événement qui n'aurait pas lieu. Il est, en vérité, beaucoup plus facile de parler de l'attente d'un événement que de son surgissement, beaucoup plus facile de parler de celui qui a eu lieu que de celui qui est en train d'advenir. Tout ce que je pourrais dire en ce moment précis se résume à Ça y est, nous y sommes. Oui, ça y est, nous y sommes.
Et quoi de mieux que de nous retrouver avec quelqu'un qui croit avec tant de ferveur en la possibilité de l'événement pour nous y lancer à corps perdu.
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S'il y a quelque chose que je me suis promis au fil des années - et je crois l'avoir le plus souvent tenue -, c'est de ne plus rater d'événement. Peu de choses sont pires qu'un événement raté. J'ai si longtemps résisté à me lancer tête première dans l'événement... Et lorsque j'ai désiré le faire, j'ai constaté - enfin, j'ai cru - que je vivais désormais dans un monde dépourvu d'événements, un monde où la possibilité même de l'événement était disparue. J'avais beau jeu alors de me prétendre prête à l'abandon. Je sais maintenant avec certitude que ce n'était pas là qu'une prétention.
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Non, il n'y a rien de pire qu'un événement raté. Et bien pire qu'un événement raté parce qu'on a choisi de ne pas le vivre, il y a celui qu'on a vécu sans vraiment y être. Le spectacle de Nick Cave d'il y a six ans est de ceux-là. Quand je pense que c'était pour la tournée de No More Shall We Part, un des albums qui me soient le plus cher, je m'en arracherais les cheveux. J'ai mis plusieurs années à aimer Nick Cave. À l'époque, j'aimais seulement ses chansons les plus connues comme « Red Right Hand » ou « The Weeping Song », et déjà un peu « As I Sadly Sat By Her Side », peut-être. En fait, je crois que j'avais découvert cette dernière pendant le spectacle... Mais par la suite, de quel amour l'ai-je aimé! Je ne crois pas qu'aucun artiste musical me soit plus cher que Nick Cave.
En le revoyant sur scène, mon amour s'est vu à nouveau confirmé. Je me suis rappelée lorsque je l'ai vu sur scène à quel point sa performance m'avait impressionnée déjà à l'époque. Jamais n'ai-je vu chez qui que ce soit d'autre un tel charisme, une telle intensité et une telle sensualité! Dieu qu'il sent le sexe! Nick Cave a une de ces façons de bouger et sa voix, sa voix... Comme l'écrivait avec justesse ma bien-aimée, sa voix est encore plus belle en spectacle que sur disque. Elle se déploie dans toute sa force... Le spectacle était merveilleux. J'étais complètement sous tension pendant toute sa durée.
C'était de circonstance... Lorsque nous avions acheté nos billets il y a plusieurs mois, nous savions que cette soirée allait être magnifique mais pas qu'elle serait sous le signe de l'événement, enfin, pas d'un événement de cette ampleur, d'un véritable événement. Tout était parfait. Le spectacle, puis la nuit qui a suivi, entamée à notre table préférée de l'Ile Noire, bien à l'abri dans un coin sombre... Nuit qui a duré, cette journée-là, jusqu'au milieu de l'après-midi. Il y avait si longtemps que j'avais passé sans remord autant de temps au lit... (Je dois vraiment perdre mes mauvaises habitudes et réapprendre à m'abandonner sans culpabilité au plaisir et à l'oisiveté.) Il s'agissait de bien doux et intenses moments, d'ailleurs... Que pourrais-je ajouter que je pourrais écrire ici? Je suis une femme heureuse, voilà tout.
Et quoi de mieux que de nous retrouver avec quelqu'un qui croit avec tant de ferveur en la possibilité de l'événement pour nous y lancer à corps perdu.
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S'il y a quelque chose que je me suis promis au fil des années - et je crois l'avoir le plus souvent tenue -, c'est de ne plus rater d'événement. Peu de choses sont pires qu'un événement raté. J'ai si longtemps résisté à me lancer tête première dans l'événement... Et lorsque j'ai désiré le faire, j'ai constaté - enfin, j'ai cru - que je vivais désormais dans un monde dépourvu d'événements, un monde où la possibilité même de l'événement était disparue. J'avais beau jeu alors de me prétendre prête à l'abandon. Je sais maintenant avec certitude que ce n'était pas là qu'une prétention.
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Non, il n'y a rien de pire qu'un événement raté. Et bien pire qu'un événement raté parce qu'on a choisi de ne pas le vivre, il y a celui qu'on a vécu sans vraiment y être. Le spectacle de Nick Cave d'il y a six ans est de ceux-là. Quand je pense que c'était pour la tournée de No More Shall We Part, un des albums qui me soient le plus cher, je m'en arracherais les cheveux. J'ai mis plusieurs années à aimer Nick Cave. À l'époque, j'aimais seulement ses chansons les plus connues comme « Red Right Hand » ou « The Weeping Song », et déjà un peu « As I Sadly Sat By Her Side », peut-être. En fait, je crois que j'avais découvert cette dernière pendant le spectacle... Mais par la suite, de quel amour l'ai-je aimé! Je ne crois pas qu'aucun artiste musical me soit plus cher que Nick Cave.
En le revoyant sur scène, mon amour s'est vu à nouveau confirmé. Je me suis rappelée lorsque je l'ai vu sur scène à quel point sa performance m'avait impressionnée déjà à l'époque. Jamais n'ai-je vu chez qui que ce soit d'autre un tel charisme, une telle intensité et une telle sensualité! Dieu qu'il sent le sexe! Nick Cave a une de ces façons de bouger et sa voix, sa voix... Comme l'écrivait avec justesse ma bien-aimée, sa voix est encore plus belle en spectacle que sur disque. Elle se déploie dans toute sa force... Le spectacle était merveilleux. J'étais complètement sous tension pendant toute sa durée.
C'était de circonstance... Lorsque nous avions acheté nos billets il y a plusieurs mois, nous savions que cette soirée allait être magnifique mais pas qu'elle serait sous le signe de l'événement, enfin, pas d'un événement de cette ampleur, d'un véritable événement. Tout était parfait. Le spectacle, puis la nuit qui a suivi, entamée à notre table préférée de l'Ile Noire, bien à l'abri dans un coin sombre... Nuit qui a duré, cette journée-là, jusqu'au milieu de l'après-midi. Il y avait si longtemps que j'avais passé sans remord autant de temps au lit... (Je dois vraiment perdre mes mauvaises habitudes et réapprendre à m'abandonner sans culpabilité au plaisir et à l'oisiveté.) Il s'agissait de bien doux et intenses moments, d'ailleurs... Que pourrais-je ajouter que je pourrais écrire ici? Je suis une femme heureuse, voilà tout.
Trame sonore: Nick Cave-The Sorrowful Wife,The Ship Song,Sweetheart Come,15 Feet of Pure White
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